Art | 09.12.2018

Fondation Maurice Amon : les nouveaux talents des métiers d’art

Lauréats de la Fondation Maurice Amon, ces talents portent un regard nouveau sur les métiers d’art, à coups de techniques novatrices et d’esthétiques résolument contemporaines (article paru dans le magazine AD)

Attaché à mettre en avant les savoir-faire propres aux métiers de la décoration, AD organisait en mars dernier AD Matières d’art,au Palais d’Iéna, une exposition dédiée aux artisans, arties et créateurs œuvrant dans le domaine des arts décoratifs. À cette occasion, la Fondation Maurice Amon, qui soutient et encourage des projets artiiques et créatifs, a primé quatre talents qu’elle accompagne dans leur développement. Nous vous présentons ici ces acteurs du renouveau de l’artisanat d’art.

Claire Pégis

Le verre postimpressionniste

Pas encore 30 ans et pourtant Claire Pégis impressionne par sa force créatrice, son calme et sa détermination. ” Le verre est venu à moi comme la seule matière à même de transmettre les émotions lumineuses et colorées que je souhaitais faire partager et inscrire dans notre environnement”. Diplômée des métiers d’art en vitrail à Olivier de Serres, elle débute sa carrière de verrière dans le domaine de l’art sacré. En 2012, attirée par l’architecture, elle ouvre son propre atelier dans le Var. C’est l’observation de la nature aux alentours qui l’inspire. Verre églomisé, gravé, thermoformé, oxydé, sablé… sa palette est infinie et il n’est pas rare que plusieurs techniques se mêlent en une seule et même pièce.

Alexandre Poulaillon

Le décor réinventé

Vincent Darré, Pierre Yovanovitch ou Christian Louboutin ne jurent que par lui. Le personnage est volubile, passionné par son sujet, la peinture décorative, qu’il s’emploie à réveiller à coup de techniques, motifs et effets novateurs. « Aujourd’hui encore, le métier souffre d’une image désuète, on pense faux marbre ou faux bois . Moi, je peins des tapis à même le sol ou des plumes sur les murs. » Ses recherches sont multiples. Il ressuscite le papier dominoté, ancêtre du papier peint, réalisé à la planche et au pochoir. L’impression numérique lui permet de reproduire des dessins fantaisistes. Dernières trouvailles : des superpositions de pochoirs sur papier japon.

Rose Saneuil

La marqueterie sous toutes ses formes

Elle associe en toute liberté sycomore, galuchat, parchemin, laiton et cuir, pour créer des panneaux décoratifs, véritables paysages texturés, et des motifs miniatures, souvent utilisés sur des parures ou en cadran de montre par des joaillers de la place Vendôme, tel Piaget. Ayant appris la marqueterie et l’ébénisterie à l’École Boulle, Rose Saneuil parfait un temps son savoir-faire dans une société de tabletterie créant des coffres à cigares, avant de monter, en 2013, son propre atelier…à la maison ! Son plan de travail est dans sa chambre, sa presse dans le living. La belle s’est inventé un mode de vie tout entier dédié à la création, sa passion, son moteur.

Laurent Chwast

Le renouveau de la peinture décorative

Il se plaît à moduler l’ambiance des espaces à travers des plafonds peints graphiques et des fresques sensibles et délicates. Depuis trente ans déjà, ce peintre décorateur entremêle dessins au trait, touches de peintures et jeux de texture. À l’école Van Der Kelen, à Bruxelles, il se forme aux techniques traditionnelles de la peinture décorative, l’École de Décors de Théâtre à Genève lui permet de compléter son apprentissage. Il collabore depuis 1997 avec le décorateur Tino Zervudachi et œuvre également
avec Stéphanie Coutas et Pascal Allaman. Depuis peu, il explore une nouvelle technique de verre travaillé à la fumée.