Art | 11.04.2019

Le quotidien Les Echos salue l’engagement de la Fondation Maurice Amon

Le musée d'Art moderne de la Ville de Paris compte un club de 450 personnes. Parmi eux, de généreux donateurs contribuent largement aux acquisitions d'oeuvres et à l'exportation des expositions. Le musée a été l'un des pionniers en France, lançant une opération de naming avec le soutien de la Fondation Maurice Amon.

A sa réouverture le 11 octobre, le musée d’Art moderne de la Ville de Paris offrira un accueil plus fonctionnel, une meilleure mise en valeur de sa collection permanente riche de 15.000 oeuvres des XXe et XXIe siècles, une librairie boutique étendue sur deux niveaux et un restaurant de 120 couverts trois fois plus spacieux et ouvert également le soir.

Et si le MAM embellit, c’est grâce aux 8 millions de financements de la Ville de Paris mais aussi aux 2 millions issus du mécénat privé. Le musée bénéficie notamment d’une Société des amis de 450 membres. « Ils sont très actifs, très internationaux. Ils gèrent notre boutique, nous aident pour notre dîner annuel de levée de fonds pendant la FIAC, apportent entre 700.000 euros et 1 million par an pour nos acquisitions », précise Fabrice Hergott, le directeur du musée. Au regard des 400.000 euros alloués par la Ville pour les achats d’oeuvres, c’est loin d’être négligeable. Depuis 2007, plus de 2.800 oeuvres ont rejoint le MAM dont plus de 1.700 reçues en don.

Un tiers de ces amis sont étrangers, à l’instar du roi du poulet indonésien d’origine chinoise Budi Tek. Cela aide pour exporter des expositions dans des musées internationaux : ainsi « Decorum », portant sur la tapisserie d’artistes, a été présentée à la Power Station of Art, à Shanghai. « Faire voyager certaines expositions est important en matière de recettes », note le patron du MAM. Cela permet d’abonder le budget de 1,5 million d’euros investi annuellement pour produire à Paris entre quatre et six expositions temporaires ainsi que des petites formes.

Une salle à son nom

Le musée a également été pionnier pour ce qui est du naming, inspiré des Anglo-Saxons. Ainsi le Suisse Maurice Amon, dont la famille a fait fortune dans les encres de sécurité pour billets de banque, a donné le nom de son père Albert Amon à une salle du musée. Christian Langlois-Meurinne, dirigeant actionnaire du groupe de conseil IDI, a fait de même, rejoint par le dirigeant d’Olympia Capital Management, Marc Landeau, et enfin par Ginette Moulin, actionnaire majoritaire des Galeries Lafayette.

« Ce naming pour dix ans, tous l’ont conclu à titre individuel. Avec chacun d’ailleurs, nous entretenons une relation amicale. Nous avons encore une dizaine de salles à nommer : il en coûte un million pour les grandes et 500.000 euros pour les plus petites », précise Fabrice Hergott, soucieux d’élargir ses recettes.

De Moma Group à Michèle Lamy

Pour chaque exposition, des produits dérivés sont créés, avec l’accord des artistes, par la boutique des Amis, qui propose 3.500 références de livres et 400 d’objets. Le MAM privatise également ses espaces pour des défilés ou des soirées d’entreprise : en 2017, une trentaine d’événements ont rapporté plus de 700.000 euros. « Dans l’accrochage de la collection permanente, nous évitons de multiplier les socles et cimaises pour ne pas que cela soit gênant lors de ces réceptions », poursuit le directeur.

Et quand le MAM expose une collection privée comme celle de Lafayette Anticipations – Fonds de dotation Famille Moulin en octobre prochain, il exige que quelques oeuvres soient offertes au musée, moyen supplémentaire d’accroître les collections.

Outre son bâtiment emblématique et les expositions audacieuses, le futur restaurant devrait renforcer l’attractivité du musée. Le concessionnaire retenu n’est autre que Moma Group et la styliste chargée de la décoration Michèle Lamy. « Ce lieu sortira du lot, tout en étant accessible à un large public », promet Fabrice Hergott, qui espère voir revenir 750.000 visiteurs par an après les travaux.

Martine Robert (in Les Echos – 11 avril 2019)